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Qu'est-ce qu'être philosophe aujourd'hui, hors des murs de l'université et du lycée ? Comment définir sa légitimité lorsqu'on intervient en entreprise, anime des ateliers pour enfants, ou accompagne des transformations organisationnelles ?
Ces questions traversent l'ensemble des professionnel·les de l'intervention philosophique et révèlent une tension fondamentale : entre la nécessité de définir une posture claire et la crainte permanente de l'imposture.
Contrairement aux professions régulées (médecin, architecte, psychologue), le titre de "philosophe praticien" demeure flou. Aristote ne disait-il pas qu'on ne peut juger un philosophe qu'après sa mort, à l'aune de ses actes ? Cette indétermination, si elle fait la richesse de notre discipline, génère aussi un malaise professionnel : syndrome de l'imposteur généralisé, légitimité questionnée, postures fluctuantes selon les contextes.
À l'heure où la philosophie pratique se structure en métier, il devient urgent d'interroger collectivement ces enjeux. Cette journée d'étude propose un espace de réflexion critique et constructif pour penser nos pratiques, nos postures, et nos lignes de démarcation professionnelles.
Voici quelques axes pour guider les possibles interventions :
Qui peut se dire "philosophe" ? Un diplôme universitaire suffit-il ? Faut-il avoir publié, enseigné, ou développé une pratique spécifique ? Comment construire sa légitimité aux yeux des clients, des pairs, et à ses propres yeux ? Quels sont les seuils symboliques qui font basculer du statut d'étudiant à celui de professionnel ?
La philosophie est-elle la "chose la mieux partagée au monde" (Descartes) ou une discipline abstraite réservée aux initiés ? Comment naviguer entre l'exigence conceptuelle et l'accessibilité ? Peut-on vulgariser sans trahir ? Cette tension influence-t-elle nos postures d'intervention ?
Faut-il explicitement se présenter comme philosophe, au risque d'effrayer certains publics ("trop théorique", "déconnecté") ? Ou vaut-il mieux "avancer masqué", intégrer la démarche philosophique discrètement dans des formats hybrides (coaching, facilitation, conseil) ? Quels sont les enjeux éthiques et professionnels de ces choix ?
La posture philosophique varie-t-elle selon qu'on intervient auprès d'enfants, de dirigeants, de détenus, ou d'équipes opérationnelles ? Faut-il être facilitateur neutre ou expert transmettant un savoir ? Maïeuticien socratique ou conseiller stratégique ? Comment définir son rôle sans se perdre dans une multiplicité de casquettes ?
Pourquoi ce sentiment d'illégitimité est-il si présent chez les praticien·nes ? Est-ce lié à l'absence de cadre professionnel établi, à la nature même de la philosophie, ou à des dynamiques sociales plus larges ? Comment le comprendre, l'analyser, et éventuellement le dépasser collectivement ?
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Ces axes sont indicatifs et non exhaustifs. Toute proposition en lien avec la thématique "Postures & Impostures" sera étudiée avec attention.
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